PHYSIOLOGIE DE LA PROCRÉATION
Cours

La lactation

Spécificité des Mammifères, l'allaitement nécessite un organe particulier – la glande mammaire – dont le fonctionnement et la production sont entièrement placés sous contrôle hormonal.

Schématiquement, la glande présente une structure en grappe de raisin. Le lait est élaboré par des cellules sécrétrices groupées en acini, chaque acinus formant un petit sac entouré de cellules myo-épithéliales contractiles et débouchant sur un canal galactophore chargé de collecter le lait. Puis les canaux s'anastomosent entre eux pour finir par aboutir aux sinus lactifères qui s'ouvrent au niveau du mamelon.

L'ensemble se développe à la puberté et se modifie au cours de chaque cycle sexuel (le volume des seins augmente sensiblement pendant toute la durée du cycle et diminue à chaque menstruation) mais c'est au cours de la gestation, sous l'effet conjugué des œstrogènes, de la progestérone et de l'hormone placentaire lactogène (HPL ou HCS) que le développement des acini et des canaux atteint son maximum. Toutefois, le fort taux de progestérone plasmatique, inhibant la sécrétion de prolactine par l'antéhypophyse (l'hormone qui participe par ailleurs au maintien du corps jaune), empêche la production de lait.

À la parturition, le phénomène s'inverse. La chute du taux de progestérone provoque une augmentation de la sécrétion de prolactine ce qui déclenche la montée laiteuse dans les 72 heures qui suivent l'accouchement. Les acini commencent par produire le colostrum (un lait pauvre en lactose et en lipides mais très riche en protéines, notamment en immunoglobulines) puis, au bout de quelques jours, le véritable lait. Dès lors, la sécrétion lactée se fait sous la dépendance de deux hormones :

  • d'une part, la prolactine qui agit en stimulant la production de lait par les cellules glandulaires et dont la sécrétion est principalement régulée par deux facteurs hypothalamiques de nature peptidique, l'un excitateur, l'autre inhibiteur : le PRF (Prolactin Releasing Factor) et le PIF (Prolactin Inhibiting Factor) ;

  • d'autre part, l'ocytocine qui agit sur les cellules myo-épithéliales entourant les acini en provoquant leur contraction de manière à évacuer le lait par les canaux galactophores, exactement comme lorsque l'on presse sur une éponge gorgée d'eau.

Cette production n'est toutefois maintenue que s'il y a tétée, la succion du mamelon agissant directement sur le fonctionnement de l'hypothalamus par voie réflexe et régulant ainsi la libération de prolactine par le système parvocellulaire et celle d'ocytocine par le système magnocellulaire. Notons enfin, que divers stimuli d'origine centrale, en particulier olfactifs, visuels et psychiques peuvent influer sur le fonctionnement de l'hypothalamus ce qui peut provoquer une modification de la sécrétion lactée mais aussi une reprise des cycles, ceux-ci étant en principe supprimés par la tétée qui, toujours par voie réflexe, inhibe la production de FSH et de LH par le complexe hypothalamo-hypophysaire.

Exercice d'application (page suivante)La lactation (page Précédente)
Accueil CUEEP/USTL Réalisé avec SCENARI